mercredi 10 décembre 2008

Les Couques de Dinant

Inspiré par ma fille (tout juste 9 mois) qui dégustait tranquillement son biscuit "spécial bébé qui pense à faire des dents" en forme d'éléphant Babar, je repensais à cet article écrit il y a quelques années dans le Petit Futé "Biscuits et Confiseries de nos régions"... L'histoire n'a pas changé.

En 1466, Charles le Téméraire et ses armées assiégèrent Dinant. La population, à court de vivres, n'eut plus d'autre choix pour se nourrir que de mélanger leur reste de farine à du miel. Ils cuisirent la pâte obtenue mais celle-ci se révélant être extrêmement dure, ils décidèrent de l'étaler dans les moules servant aux dinanderies.
Depuis, cette technique a bien entendu largement évolué, mais les Couques elles-mêmes n'ont pas beaucoup changé. De taille variable, elles se caractérisent par une jolie couleur brun doré et un incroyable éventail de formes : animaux, fruits, fleurs, paysages, monuments et personnages célèbres ou non sont ainsi représentés. La saveur de ces Couques, qui sont d'une incroyable dureté, est inimitable. Qui s'y est essayé garde à jamais en mémoire ce goût subtil, mélange de gâteau sec et de pain d'épices, procuré par le miel. Celui-ci n'est d'ailleurs pas choisi au hasard et provient principalement d'Amérique Latine. Quant aux moules, ils sont depuis longtemps déjà sculptés manuellement dans du bois de poirier.
Tous les boulangers de la ville fabriquent, sans exception, les célèbres biscuits. Lorsque ceux-ci sont cuits et refroidis, ils sont placés dans de grands coffres en bois dont l'intérieur est recouvert de métal. Cela permet de les conserver à l'abri de l'humidité avant de partir pour les quatre coins du royaume. Comme les spéculoos bruxellois, dont la forme et la couleur sont presque identiques, les Couques sont particulièrement appréciées durant la saison touristique et lors des fêtes de décembre.
Et si les Couques sont intimement associées à l'image de la ville de Dinant, il existe également une variante nettement moins connue, appelée Couque de Rins. Bien que phonétiquement semblable, elle n'est en rien apparentée à la fameuse cité champenoise. Cette autre douceur dinantaise, qui gagne encore en dureté, doit plus simplement son nom à son inventeur. François Rins, pâtissier de son état, fut en effet le premier à imaginer d'ajouter du sucre à la recette initiale.

http://www.petitfute.be/content/les-couques-de-dinant

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