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jeudi 7 mai 2009

Restaurant Les 3 Couleurs à Woluwe-Saint-Pierre




Blottie aux confins de la Forêt de Soignes, là où la ville s’efface peu à peu, une belle bâtisse blanche s’offre aux gourmets en quête de valeurs sûres.

Aux commandes, José Tourneur, originaire des environs de Huy – Andenne et Premier cuisinier de Belgique 1970. Un demi-siècle d’expérience et trente années de présence dans cette vénérable maison qu’il a créée en 1978. L’homme est ainsi une véritable figure emblématique de la gastronomie classique bruxelloise.
Pour la petite histoire, l’établissement est aussi une des plus vieilles maisons de Woluwe-Saint-Pierre. Ancien estaminet, il était connu autrefois pour ses promenades dominicales en calèche. Le restaurant tire son nom du lieu-dit « Les Trois Couleurs » faisant référence à l’endroit précis où la cavalerie a levé le drapeau belge en 1830…

Mais au-delà de cette anecdote, la tradition est ici un véritable crédo. En cuisine comme en salle, le maître-mot de la maison est « continuité ». Le chef, Bruno Hummel, officie depuis dix-huit ans au service de José Tourneur. Quant à Laurent Van De Poel, le maître d’hôtel, il dirige le personnel de salle avec célérité et une pointe d’humour « so british » depuis 1992. Son équipe et lui-même assurent un service très prompt tout au long du repas, sans que cela ne soit jamais encombrant.
D’importantes rénovations en 1982 puis en 1988 donnèrent au restaurant son aspect actuel de maison respectable… qui cadre d’ailleurs parfaitement avec la cuisine bourgeoise empreinte d’un classicisme de bon aloi. Celle-ci mérite sans doute beaucoup plus qu’un intérêt poli, à l’heure ou d’aucuns s’égarent parfois dans des chemins de traverse un peu creux…

Le chef et son équipe proposent une carte régulièrement remaniée mais où figurent quelques indéracinables tel le Saumon Liliane, Premier prix des gastronomes.

Nous débutons le Menu Touring confortablement installés au salon. Par beau temps, on peut également profiter de la terrasse – pergola agréablement fleurie, chauffée au besoin. A l’intérieur, les tons clairs dominent : pierre de France, fauteuils garnis de cuir couleur crème et bouquets fleuris. Les tables suffisamment espacées permettent de profiter du repas en toute tranquillité.

L’apéritif est un Saumur brut, agrémenté de liqueur de pêche et d’une cerise au marasquin. Pour accompagner, trois ou quatre mises en bouche variant selon la saison.

La présentation de la terrine est soignée et classique. Elle est préparée avec un mélange de saumon et de poissons blancs, cuits à la vapeur de champagne. La sauce blanche au « caviar » de truite est agréablement fraîche, légère et délicatement acidulée. L’ensemble est agrémenté d’une petite salade déposée en ballottine dans une feuille de brick. Le Saumur blanc « Les Bessières », frais et minéral, se marie parfaitement avec les saveurs vives de cette première entrée.

La cassolette qui suit joue également dans un registre conventionnel. En tout cas, de prime abord. Car le mélange de saveurs et de textures d’un foie gras délicieusement fondant, d’une sauce homardine « juste parfaite », de gambas cuits « à point », des cubes de tomates et d’herbes fraîches procurent d’agréables sensations de douceurs. Voilà une belle excuse pour saucer discrètement son pain…

On qualifiera de terribles les « lutins des bois » escortant ensuite le magret. Braisés, beurrés à souhait et nappés d’une sauce crémée à la saveur marquée de Fine Champagne, ils se suffiraient à eux-mêmes si le canard n’était aussi goûteux et fondant en bouche. Mais – avis aux amateurs – la véritable surprise de ce plat copieux réside, pour un tel menu, dans le Pécharmant 1992 qui l’accompagne. Un véritable dessert avant l’heure. Encore légèrement boisé, offrant une robe rubis foncé limpide, plutôt long en bouche, ce vin est proposé ici à son apogée !

Pour terminer, l’ananas est décliné en trois variations : carpaccio finement tranché, sorbet et ananas confit. L’assiette est complétée par des fruits frais de saison et l’ensemble offre une fraîcheur agréable, particulièrement propice à favoriser la digestion !




Restaurant des 3 Couleurs
Avenue de Tervueren, 453
1150 Woluwé-Saint-Pierre
Tél. 02 770 33 21
http://www.3couleurs.be/




Texte publié dans Touring Explorer de Septembre 2008

samedi 4 octobre 2008

Restaurant Retromobilia

Restaurant Retromobilia à Woluwe-Saint-Pierre

Mise à jour : Marc Navet et son équipe du Retromobilia ont déménagé et officient désomais à l'Espace 53 à Autoworld (Cinquantenaire)

Pour découvrir les talents de Marc Navet et de Sandrine Haquin, il faut absolument quitter les autoroutes de la gastronomie s’engager sur des chemins moins fréquentés. Et ceci n’est pas seulement une image, voyez plutôt !

En effet, malgré sa carte de visite et ses états de service, Marc Navet, 43 ans, n’est pas très connu du grand public tout comme le Retromobilia est discrètement situé dans un quartier tranquille de Woluwe-Saint-Pierre. Et pourtant…

Diplômé de l’Ecole Hôtelière Provinciale de Namur en 1983, ce pur bruxellois part faire ses classes en Espagne avant de revenir dans notre capitale au restaurant L’Ovale, près du stade Fallon. Il devient aussi le disciple de Michel Haquin (Trèfle à Quatre, Genval) qui lui insuffle le goût pour la simplicité et la qualité des plats. En 1996, Marc Navet acquiert un bâtiment qui fut autrefois un magasin de denrées coloniales et siffle ainsi le départ du Train, son premier établissement. Le voyage dure neuf ans, jusqu’à ce que les chefs décident de ranger leur képi et de mettre leurs locomotives sur une voie de garage. Exit donc, les tables Première Classe « gastronomique » et Deuxième Classe « brasserie » depuis le printemps 2005 pour faire place à deux salles dont le décor ne laisse planer aucun doute sur les passions conjointes du couple Navet – Haquin : la gastronomie et l’automobile.

Vieilles affiches et photos de bolides ayant écrit les plus belles pages de l’histoire des rallyes célèbres, modèles réduits d’ancêtres prestigieux, plaques d’identification pour randonnées de véhicules anciens ornent les murs du Retromobilia tandis qu’une pompe à essence d’un autre âge trône fièrement dans l’une des deux salles. Le ton est donné : pour un peu, on s’attendrait presque à voir débarquer Charles Trenet nous siffloter « Nationale 7 ». Par ailleurs, le restaurant accueille trois clubs de passionnés d’automobiles, dont l’Ecurie du Val d’Or fondée par Marc Navet lui-même. Et comme si sa vie semblait constamment partagée entre belles mécaniques et plaisirs du palais, le restaurateur affirme que ses randonnées motorisées lui permettent aussi de découvrir des produits et des recettes que l’on ne voit pas quand on se contente de rester sur l’autoroute.

Voilà sans doute pourquoi, grâce à sa passion pour les valeurs sûres de la gastronomie et son attachement aux valeurs culinaires tout en gardant l’œil sur ce qui se fait ailleurs, Marc Navet est membre du club restreint des Maîtres-Cuisiniers de Belgique et membre de la prestigieuse Académie Culinaire de France.

La France, par laquelle commence la dégustation du Menu Touring avec un Kir à la violette et ses « mises en appétit ». Aussi limpide qu’un vin blanc nature, cet apéritif surprend par sa finesse et sa bouche parfumée tout en conservant un arrière-goût bien marqué de vin.

La première entrée se compose d’un mixte de Saint-Jacques et Saumon en carpaccio et tartare, agrémenté de zestes de lime et pamplemousse confits et baies roses. L’ensemble est aussi agréable à l’œil qu’aux papilles gustatives. On soulignera l’accord parfait entre l’aneth et les zestes de lime tandis que le vin relève le goût des zestes de pamplemousse. Le mélange des saveurs vaudrait presque le déplacement à lui seul : salé (Saint-Jacques), sucré (sirop des zestes), amer (écorces d’agrumes) et doux (saumon).

La seconde entrée fait elle aussi la part belle au mélange étonnant de saveurs : raviole de rave et witloofs en julienne au parfum de pesto ; foie gras poêlé et sucs au basilic. Plus en douceur que le plat précédent, le côté crémeux est toutefois agréablement relevé par l’amertume discrète des witloofs (ou chicons…) et le parfum inimitable du basilic. Le foie mi-cuit apporte la consistance en bouche tandis que la raviole de rave étonne en se présentant comme le socle de la préparation. Ici aussi, l’accord vin et met se révèle excellent.

Vient ensuite le filet d’agneau en tapenade, gratin de vitelotte et tomate « fraxinoise ». Il s’agit tout simplement d’un des plats fétiches de la maison, testé par les Maîtres-Cuisiniers de Belgique et détenteur du Delta de Bronze en 2000. La saveur de cette viande méridionale par excellence est délicatement relevée par la tapenade d’olives noires déposée sur les tranches d’agneau. Le regard est inévitablement attiré par la couleur mauve des pommes de terres vitelottes, servies à la manière d’un gratin dauphinois. Détail amusant, la fraxinoise (une sauce provencale sans tomates qui doit son nom au village de La Garde Freinet dans le Massif des Maures) est servie… dans une petite tomate ! Le plat est accompagné d’un Château La Gironnière (Premières Côtes de Bordeaux) qui souligne aussi impeccablement le plat que ses prédécesseurs.

En dessert, le cannelloni de crêpes aux deux chocolats et mendiant craquant au moka est accompagné de fruits de saison. Composé de deux demi crêpes fourrées de mousse de chocolat blanc et noir, il clôture copieusement ce menu. Laissez toutefois une petite place pour les sablés de la maison servis avec le café, ils ne méritent pas de rester en rade au bord de votre assiette !

Publié dans "Touring Explorer" de septembre 2006.

http://www.petitfute.be/restaurants_/espace-53-bruxelles-ville -