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vendredi 23 avril 2010

Un métier formidable...

Souvent, quand j’explique à des personnes que je connais peu ou prou que je suis « chroniqueur gastronomique », la réplique fuse presque instantanément : « Quel beau métier tu fais ! ».

A la suite de quoi je réponds le plus souvent – avec toute la modestie qui me caractérise – que ça n’est pas toujours aussi facile qu’on l’imagine.

La preuve « en images »… avec cette petite aventure qui m’est arrivée récemment.

Je déjeunais seul l’autre midi, à la table d’un restaurant bien noté de la province de Liège. J’attendais depuis longtemps l’occasion de goûter la cuisine de mon hôte du jour, ceci expliquant sans doute que mes papilles étaient particulièrement affutées. Une autre déconvenue survenue ce jour là acheva probablement de me mettre « aux taquets ».

Mais rien de ceci ne peut expliquer les moments assez déconcertants passés à découvrir les plats préparés pour moi en cuisine. Je précise aussi que le chef avait connaissance de ma présence à sa table et des raisons pour lesquelles j’étais là.

Rien n’y fit… Cuissons mal maîtrisées, sauces peu équilibrées voir franchement lourdes, foie gras non dénervé, ordre des plats ou des saveurs inadéquat, vins pas toujours adaptés, musique d’ambiance trop élevée : je n’ai pas passé un excellent moment.

Le service affable, avec juste ce qu’il faut de décontracté pour se sentir à l’aise, n’est pas parvenu à me faire oublier qu’avant les délicieux desserts et mignardises, c’est le… pain – au demeurant exquis – qui a le plus retenu positivement mon attention.

Se pose alors un grave problème de conscience professionnelle. Après trois pages de notes dans mon petit cahier, ma décision est prise : j’avertirai le chef de ma relative déconvenue.

Mais voilà, l’homme surgit de ses fourneaux pour me saluer. Et fort de ses déjà nombreuses distinctions, des critiques dithyrambiques émises depuis ses débuts par mes honorés (et prestigieux) confrères et de cette assurance arrogante propre à certains chefs, il me démonte mon argumentation avant que je n’aie le temps d’en piper mot !! Il ne travaille qu’avec les meilleurs produits, a appris son art aux côtés des plus grands maîtres et joue à guichets fermés tous les week-ends. Qui serais-je, moi, pour aller oser lui dire le contraire ? D’autant que l’homme ne manque pas d’exhiber tout le bien qu’on a déjà pu écrire à son propos et roule carrosse ostensiblement, rangeant aux oubliettes toute once de modestie.

Alors il ne me restât plus qu’à prendre congé, poliment, en promettant avoir passé un excellent moment. Une hypocrisie qui ne me ressemble finalement pas… mais qui doit sans doute être aussi le fait d’autres personnes, à lire tout le bien qu’on a pu écrire de cette étape gastronomique champêtre.

Entendons-nous bien, je n’ai pas mal mangé. Mais nous étions loin de l’excellence qui aurait dû prévaloir à une table comme celle-là.

On osera le pari d’un deuxième passage un jour ou l’autre, histoire d’espérer d’ici là que, comme cela peut arriver à chacun d’entre-nous, le chef n’était pas au meilleur de sa forme.

mercredi 20 mai 2009

Festival du Homard Canadien


Depuis le 15 mai 2009, le Festival du Homard Canadien est officiellement lancé en Belgique. Non moins de 50 restaurants belges participent à cette opération d’envergue. Ils mettent à l’honneur un menu « Spécial Homard », en collaboration avec les provinces Atlantique du Canada et l’importateur belge de homard canadien, Lobster Fish.
Retrouvez les restaurants participants sur http://www.petitfute.be/
Le but de ce Festival du Homard Canadien est clairement de faire découvrir le homard d’Outre-Atlantique sous toutes ses formes et chaque restaurateur aura à cœur de le présenter selon ses envies et sa créativité. Plus méconnu que le recherché homard breton dans nos contrées, le homard canadien est pêché dans les eaux froides du continent nord-américain en avril et en mai. C’est à ce moment précis que le crustacé est le mieux en chair, juste avant la mue de fin de printemps.
Le Festival du Homard Canadien existe depuis une bonne dizaine d’années en Belgique mais se concentrait principalement à Bruxelles et aux alentours. Depuis 2009, il s’étend donc aux autres régions du pays et principalement à la Côte Belge, à Gand et dans les Flandres, dans la région de Liège ainsi qu’à Namur et dans les Ardennes.
Véritable ambassadeur de la gastronomie canadienne à travers le monde, le homard est exporté dans plus de cinquante pays. La Belgique n’est pas en reste, puisqu’elle occupe tout simplement la tête des importations en Europe, avec un million de kilos de homards vivants, soit 1000 tonnes annuelles. Un véritable record lorsque l’on sait que la pêche au homard – très réglementée et développée selon une approche responsable et écologique – atteint en moyenne 50.000 tonnes par an.
Pour la présentation à la presse de Wallonie de cet événement très prisé, les autorités attachées à l’Ambassade du Canada avaient invités les journalistes au restaurant le D’Arville à Wierde. Fidèle à ses habitudes, Olivier Bourguignon avait concocté un menu exempt de tout reproche, tournant évidemment autour du homard d’Outre-Atlantique. Parmi les autres établissements proposant ce Festival du Homard Canadien, on citera notamment Belga Queen, Midi Station, Jaloa, Evan’s Bar ou le Grill aux Herbes pour Bruxelles et sa région ainsi que le Charmes-Chambertin ou le Val d’Amblève pour les environs de Liège.Et si toutefois vous aviez raté ce Festival du Homard Canadien, sachez que l’on peut en trouver toute l’année dans notre pays, soit vivant, soit congelé.

mardi 19 mai 2009

Restaurant Vin Perdu à Oud-Turnhout




Si le talent d’un chef se mesure grâce à la modestie qu’il dégage, alors Joeri Huybs figure parmi les meilleurs cuisiniers du pays. Mais retenez bien le nom de ce jeune papa de trente-cinq ans, membre du réseau Jeunes Restaurateurs d’Europe, il fera parler de lui !

Sur sa carte de visite, on observe son passage à l’Hôtel des Bains à Robertville et au Château du Mylord, rien que cela. Le gaillard s’installa ensuite à Oud-Turnhout comme traiteur particulier, proposant notamment ses services à domicile ou dans les soirées VIP.

Depuis six ans, Joeri a ouvert Vin Perdu – subtil clin d’œil à la gastronomie (« pain perdu ») et à sa passion pour le vin (plus de 400 références en cave) – dans une jolie villa à l’entrée de la localité. La décoration y est sobre et de très bon goût, dépouillée et un peu « tendance », sans excès. On notera le très bon confort des sièges en cuir et les murs immaculés, garnis de grandes photos d’ingrédients ou d’ustensiles de cuisine.

En cuisine justement, le chef met l’accent sur les préparations éprouvées, même s’il préconise l’emploi de technologies actuelles comme la cuisson à basse température. Et s’il revisite à sa façon les « classiques » et le « terroir », il se garde bien de s’aventurer trop dans les dérives de la cuisine moléculaire, préférant de loin charmer une clientèle hétéroclite, conquise par ses formules de menus à composer soi-même au départ de la carte. Joeri prône en tout cas l’emploi de produits frais, de saison et à l’origine contrôlée. Voyons donc ce que cela donne en pratique…

Le menu Touring débute avec un Cava espagnol, qui ravira les amateurs de pétillants ultra secs et par un trio de mises en bouche, variant selon l’humeur du chef.

La première entrée étonne par le mélange des saveurs et par l’association osée cru-cuit et chaud-froid. A noter aussi, le contraste des dés de pommes croquants avec le moelleux du carpaccio de Saint-Jacques et de la daurade. L’accord avec le vin se montre également pertinent, liquide et solide se renvoyant la balle pour enchanter les papilles.

La seconde entrée est un intéressant mélange terre – mer et fait la part belle aux produits nobles, cabillaud Skrei et truffe noire en tête. La saison du roi des cabillauds étant strictement limitée, nous nous en remettons à votre jugement de gastronomes mais celui qui nous fut proposé était également d’excellente facture. L’ensemble est saisissant de saveurs et la pommade de haricots blancs, simple en apparence, n’était autre qu’un des moments forts de cette entrée.

Pour suivre, le gigot et sa cuisson à basse température renvoient aux études tous les détracteurs de viande d’agneau. Goûteuse, tendre et rosée à souhait, elle est surmontée de quelques champignons des bois et accompagnée d’une « tourelle » alternant légumes et petites crêpes de pommes de terre. Pour l’épauler, le vin composé d’un assemblage à parts égales de carignan et de cabernet offre une belle couleur violacée et des arômes puissants et épicés.

Le dessert, enfin, finit de mettre d’accord tous les amateurs de moelleux au chocolat : celui-ci fait bel et bien partie des meilleurs dégustés ces dernières années !




Restaurant Vin Perdu
Steenweg op Mol, 114
2360 Oud-TurnhoutTél. 014 72 38 10






Texte publié dans Touring Explorer de février 2009

lundi 4 mai 2009

Nouveau Petit Futé Bières Belges 2009


Voici déjà la 4e édition du Petit Futé Bières Belges...

Dans cette édition complètement remise à jour, mais aussi remaniée, la priorité a été donnée à une lecture plus aisée, plus intuitive. Bières et brasseries sont désormais répertoriées dans un Abécédaire permettant une recherche directe. Plus de 275 notes de dégustations sont elles aussi réunies dans un chapitre spécifique et classées par ordre alphabétique.
Pour faciliter encore les recherches, de nombreux renvois dirigent aisément le lecteur à travers le guide. De même, un index approfondi et ultra-complet permet à l’amateur de bières, même néophyte, de trouver l’information la plus complète en en temps record !
Si cette nouvelle édition suit les tendances et fait toujours la part belle aux productions artisanales qui sont la fierté de notre petit pays. Elle n’ignore évidemment pas la transformation mondiale que vit le monde brassicole : regroupements planétaires et évolution toujours plus sensible du goût du consommateur. Les brasseurs semblent d'ailleurs rivaliser d’idées neuves pour attirer vers eux une clientèle à la recherche de breuvages rafraîchissants.
Evidemment, pas question de laisser le lecteur sur sa soif : un long chapitre est consacré à une sélection pointue de bistrots, de restaurants et de boutiques proposant une carte de bières alléchante. L’histoire brassicole depuis la découverte de la fermentation jusqu’aux tendances actuelles, débute le guide. Elle est suivie d’un aperçu des différentes étapes de fabrication et des astuces permettant de mener à bien une dégustation. Quelques recettes faisant intervenir la bière dans leurs ingrédients sont également dévoilées…Enfin, nombre d’anecdotes amusantes et d’infos insolites parsèment ce nouveau Petit Futé Bières Belges 2009-2010. Bonne lecture, vive la bière !
COVER, PHOTOS, CP, EXTRAITS DU GUIDE SUR http://www.neocity.be/
Retrouvez le Podcast de l'émission Cocktail Curieux (La Première - RTBF) où l'on parle du Petit Futé Bières Belges : http://podaudio.rtbf.be/pod/LP-COCU_Cocktail_Curieux_1-6-2009_thematique__6956879.mp3